Blolequin : Le canton Bougalou réclame justice et développement

Le village de Tiepleu, dans la sous-préfecture de Doké (département de Blolequin), a abrité le samedi 23 Août 2025, une importante rencontre des populations du canton Bougalou. Venus des 42 villages et campements, les habitants ont exprimé leur profonde inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme des injustices à l’égard de leurs localités, pourtant considérées comme de véritables poumons agricoles pour la région et pour la Côte d’Ivoire.
Au nom des populations, Tangasseu Adonis, fils du canton Bougalou, a dénoncé la marginalisation de leurs villages. Selon lui, malgré leur forte contribution à la production maraîchère et agricole, les retombées sont quasi inexistantes : absence d’électrification, manque d’écoles, et exclusion du programme d’aide des filets sociaux.

« Nos localités méritent d’être érigées en villages, au même titre que les autres. Nous remplissons toutes les conditions et contribuons au développement économique du pays », a-t-il martelé.
La rencontre a également été marquée par une présentation de Doh Herve, responsable du CAG/AIA de la sous-préfecture de Doké. Pendant plus d’une heure, il a sensibilisé les populations sur l’importance du PRESFOR (Projet de Renforcement de la Sécurisation Foncière Rurale).

Ce projet est piloté par l’AFOR (Agence Foncière Rurale), une entité du ministère de l’Agriculture, avec l’appui du CAG, cabinet à qui l’AFOR a délégué ses compétences dans le cadre d’un partenariat.
Dans son intervention, le chef du village de Tiepleu, Zahi Marcelin, porte-parole des chefs, a sollicité une formation pour les leaders locaux – chefs et présidents de jeunes – afin de mieux s’approprier le projet.

Les représentants des villages ont dressé une liste de doléances claires adressées à l’État : L’électrification des villages du canton ; L’installation de pompes hydrauliques villageoises ; La mise en œuvre de projets de développement socio-économique.
Autre point central de cette mobilisation : la reconnaissance administrative. Les chefs ont rappelé que plusieurs localités comme Chantier Colonel, Chantier Morgane, Bapleu et Tiepleu dépassent les 7 000 habitants, disposent de marchés, d’écoles primaires publiques et même de bureaux de vote.

Pour eux, il est incompréhensible que ces localités continuent d’être considérées comme de simples campements. Ils exigent qu’elles soient érigées en villages à part entière.
En conclusion, les populations du canton Bougalou ont réaffirmé leur attachement à la nation mais demandé avec insistance que l’État prenne en compte leurs revendications. « Nous ne voulons pas rester en marge du développement », ont-ils clamé d’une seule voix.
Les regards restent désormais tournés vers les autorités administratives et gouvernementales, appelées à répondre à ce cri du cœur venu du Bougalou.
Emmanuel Doya
Correspondant
