Man : L’Institut Hôtelier Feh Kessé, un rempart contre l’exode rural des jeunes

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Dans une région où les villages se vident peu à peu de leurs forces vives, poussées par le chômage vers Abidjan ou l’étranger, une lueur d’espoir vient de naître. L’ouverture officielle de l’Institut Hôtelier Feh Kessé (IH-FK), à Man, marque un tournant majeur pour la jeunesse du Tonkpi, en quête de perspectives.

Implanté au quartier Sainte Thérèse, l’Institut Hôtelier Feh Kessé est le premier établissement de la région dédié aux métiers de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme. Pour son fondateur, M. Feh Kessé Lambert, l’ambition est claire : « offrir aux jeunes la possibilité de rester chez eux, de se former et de travailler dans un secteur porteur ».

Car ici, le paradoxe est frappant : alors que le Tonkpi regorge de richesses naturelles et culturelles, sa jeunesse peine à en tirer parti. L’IH-FK se veut la passerelle entre ces potentialités inexploitées et un avenir professionnel concret.

Sous la direction de Mme Sadia Sata Marie Louise, experte en management et en formation, l’institut propose des parcours allant du CAP au BTS, ainsi que des certificats de qualification. Cuisine, pâtisserie, gestion hôtelière, tourisme, langues, management… autant de filières pensées pour répondre aux besoins d’un marché en expansion.

« Nos étudiants bénéficieront d’ateliers modernes, de cuisines d’application et de stages pratiques dans les hôtels et restaurants de la région », explique la directrice. Une formation orientée vers l’emploi immédiat, gage d’une meilleure insertion professionnelle.

Chaque année, de nombreux jeunes du Tonkpi prennent la route d’Abidjan, parfois au péril de leur vie lorsqu’ils tentent l’aventure clandestine à l’étranger. L’ouverture de l’IH-FK se présente comme une alternative crédible, un frein à cet exode qui fragilise les villages et les familles.

Présidant la cérémonie, le préfet de Biankouma, représentant le parrain, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Vagondo Diomandé, a salué « une initiative citoyenne qui traduit la complémentarité entre l’État et le secteur privé », soulignant que la formation professionnelle reste « un levier décisif du développement local ».

L’inauguration a réuni autorités, chefs coutumiers, élus locaux et populations dans une ambiance festive. Pour beaucoup, ce projet dépasse le cadre scolaire : il porte l’espoir d’un ancrage. Celui de voir les jeunes bâtir leur avenir ici, au cœur de leur région, plutôt que de le chercher ailleurs dans l’incertitude.

L’Institut Hôtelier Feh Kessé apparaît ainsi comme plus qu’une école : un outil social, un symbole d’autonomie et de dignité pour une jeunesse longtemps condamnée au départ.

Junior Kouassi


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