Orpaillage illégal : L’ONG SERMA sensibilise les populations de Yelleu

À Yelleu, dans le département de Zouan-Hounien, une initiative citoyenne a rassemblé autorités, ONG, forces de sécurité et populations locales autour d’un enjeu crucial : freiner l’expansion de l’orpaillage clandestin. Portée par l’ONG SERMA, cette action tenue le vendredi 1 août 2025, vise à alerter sur les conséquences sociales et environnementales de cette activité illégale, en particulier sur les enfants.
Autour du thème « Le rôle de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) au sein de la communauté rurale », l’événement a réuni chefs traditionnels, services techniques, forces de sécurité, leaders communautaires, femmes et jeunes du village. Tous ont répondu présent pour évoquer les effets destructeurs de cette pratique illégale qui ronge l’éducation, pollue l’environnement et fragilise la santé publique.
Fondateur de l’ONG et auteur de l’ouvrage « Les griffes de l’orpaillage clandestin », Mah Antoni a pris la parole avec gravité. Pour lui, l’heure n’est plus au silence : « Là où l’orpaillage illégal s’installe, l’école disparaît, les familles se déchirent, les forêts tombent, et les conflits naissent. C’est un cercle vicieux que nous devons briser. »

Il plaide pour un encadrement légal de l’activité à travers des coopératives minières artisanales reconnues par l’État.
« Exploiter l’or n’est pas un mal en soi, à condition que cela se fasse dans un cadre structuré et réglementé. Sinon, c’est un poison lent pour nos villages », a-t-il insisté.
Intervenant lors de cette journée, le sergent-chef Diomandé Tiemoko David, en poste à Téapleu, a dénoncé les ravages environnementaux causés par l’orpaillage non contrôlé. « Le mercure, le cyanure… Ces produits sont utilisés sans aucun encadrement, et finissent dans nos cours d’eau, nos champs, nos corps », a-t-il averti.
Pour lui, la réponse doit être collective. Services de l’État, populations, ONG, tous doivent s’unir pour faire front : « Tant que les communautés se taisent, les sites prospèrent. Mais dès qu’elles parlent et agissent, les résultats suivent. »
Très applaudi, le chef du village de Gouakatouo, Étienne Blé, a appelé les parents à la responsabilité : « Un enfant dans une mine, c’est un avenir perdu. Un village qui laisse faire, c’est une société qui abdique. »

Il a salué l’engagement de l’ONG SERMA, qu’il considère comme un acteur sérieux et constant dans la lutte contre l’orpaillage clandestin. À l’issue de la rencontre, il a promis, avec d’autres chefs de village, de renforcer les campagnes de sensibilisation au niveau local.
Cette mobilisation à Yelleu, bien qu’ancrée dans un contexte local, envoie un message plus large : les communautés rurales sont prêtes à s’impliquer pour changer les choses. En s’appuyant sur les relais traditionnels et les ONG comme SERMA, un cadre de collaboration durable peut se construire.

SERMA entend d’ailleurs poursuivre sa mission dans d’autres localités impactées. La bataille contre l’orpaillage clandestin est loin d’être terminée, mais chaque action sur le terrain est une victoire pour l’environnement, pour l’éducation, et pour l’avenir des enfants.
Marie Blessing
