CAN 2023 : Il y a un an, la Côte d’Ivoire déjouait tous les pronostics

Il est des victoires qui transcendent le sport. Des triomphes qui s’impriment dans la mémoire collective et s’ancrent dans l’âme d’une nation. Il y a un an, le 11 février 2024, la Côte d’Ivoire soulevait la Coupe d’Afrique des Nations sur ses propres terres, au terme d’un tournoi qui aura fait vibrer tout un peuple. Cette victoire, plus qu’un exploit sportif, fut un symbole de résilience, un hymne à l’unité, une leçon de vie.

L’histoire du sacre ivoirien en 2024 n’est pas celle d’un favori survolant la compétition. Non. C’est celle d’un phénix renaissant de ses cendres. Lors des phases de poules, la Côte d’Ivoire a flirté avec l’élimination, sombrant notamment face à la Guinée équatoriale (0-4), une humiliation nationale. À ce moment précis, les plus sceptiques enterraient déjà les Éléphants. Le limogeage du sélectionneur Jean-Louis Gasset semblait être le dernier clou sur le cercueil d’une équipe en perdition.

Mais le destin a ses mystères. Malgré cette déroute, un mince filet d’espoir s’est tendu : une qualification miraculeuse parmi les meilleurs troisièmes. Un infime sursis. Un dernier souffle avant le grand saut.
La suite, personne ne l’avait vue venir. Sous la houlette d’Émerse Faé, propulsé sélectionneur par intérim, les Éléphants ont troqué leurs doutes contre une détermination inébranlable. Contre le Sénégal en huitièmes de finale, le tenant du titre, ils ont joué avec le cœur, arrachant une qualification inespérée aux tirs au but.

Contre le Mali en quarts, l’histoire a semblé vouloir tester leur foi une fois de plus. Réduits à dix, menés au score, les Ivoiriens ont courbé l’échine sans jamais rompre. Dans un ultime sursaut, l’égalisation est venue dans le temps additionnel, avant qu’un éclair de génie ne scelle la victoire en prolongation.
Puis vint la demi-finale contre la RD Congo. Moins de frissons, mais une maîtrise tactique et mentale impressionnante. Loin du chaos des matchs précédents, la Côte d’Ivoire a géré, s’est imposée, et s’est offert le droit de rêver d’une troisième étoile.
11 février 2024. Stade olympique Alassane Ouattara d’Ébimpé. Devant plus de 60 000 spectateurs et des millions d’âmes suspendues à leur destin, la Côte d’Ivoire affrontait le Nigeria pour le titre suprême.
Quand Troost-Ekong ouvrit le score pour les Super Eagles, le silence pesa comme un lourd manteau sur le stade. Mais cette équipe-là n’avait plus peur de l’adversité. Elle avait affronté le doute, défié le destin, résisté à l’abîme. En seconde période, l’égalisation signée Franck Kessié sonna comme un cri de révolte. Puis, à dix minutes du terme, Sébastien Haller, d’une inspiration géniale, envoya la Côte d’Ivoire au sommet de l’Afrique.

L’explosion de joie fut immédiate, totale, indescriptible. Abidjan trembla sous les acclamations, les larmes de bonheur coulèrent à Man, Bouaké, Korhogo, San Pedro, jusque dans les hameaux reculés. Ce n’était pas qu’une victoire. C’était une renaissance.
Aujourd’hui, un an après ce triomphe historique, les images restent vives, comme gravées dans l’éther. Cette équipe a prouvé que le football est plus qu’un sport : c’est un miroir des luttes et des espoirs d’un peuple.
Le 11 février n’est plus une date comme les autres en Côte d’Ivoire. C’est le jour où l’impossible s’est incliné devant la volonté. Le jour où un pays a vu ses héros tomber, puis se relever, pour finalement toucher les étoiles.
Un an après, la Côte d’Ivoire n’a rien oublié.
Junior Kouassi
