Prisons ivoiriennes : “Coumba Sylla Sao dévoile les scandales, des innocents oubliés depuis des années”

“Coumba Sylla Sao : Une voix pour les oubliés et un espoir pour les plus vulnérables”
Le 5 janvier dernier, à la maison d’arrêt et de correction de Man, Maître Coumba Sylla Sao, avocate internationale et défenseure des droits humains, a marqué les esprits par son plaidoyer poignant pour une justice équitable et son engagement humanitaire. À travers ses actions caritatives et ses prises de position, elle incarne une double mission : défendre les droits des innocents oubliés derrière les barreaux et offrir une lueur d’espoir aux plus démunis.
Une dénonciation des injustices carcérales
Lors de sa visite à la maison d’arrêt et de correction de Man, Maître Coumba Sylla Sao a mis en lumière les dysfonctionnements du système judiciaire ivoirien, dénonçant des détentions abusives qui privent des innocents de leur liberté :
« Nos prisons sont remplies d’innocents. Il y a des enfants en détention préventive depuis cinq, six, voire dix ans, sans jamais avoir vu un juge d’instruction. C’est inacceptable. »
Elle a pointé du doigt un système saturé, où les magistrats, bien que débordés, sont contraints de traiter des centaines de dossiers à la fois, au détriment de la justice. Malgré cette réalité, elle appelle à une prise de conscience collective :
« Les magistrats sont des êtres humains comme nous, mais nous leur demandons de faire preuve d’un surcroît de rigueur. Quand je suis informée de situations injustes, je fais tout mon possible pour intervenir. »
Une décennie d’actions caritatives
Parallèlement à son combat juridique, Maître Coumba Sylla Sao, à travers la Fondation SAO AMSATOU et le MOFAPEC (Amicale des Femmes Africaines pour l’Éveil des Consciences), mène depuis dix ans des actions caritatives en faveur des plus vulnérables. Lors de la 10e édition de ses actions, les 4 et 5 janvier derniers, elle a organisé des dons à la pouponnière de Zranwopleu et à la maison d’arrêt et de correction de Man.
À la pouponnière, 58 enfants et 15 membres du personnel ont reçu des vivres, vêtements et kits de jeux, apportant un souffle nouveau aux équipes sur place. Juliette Gueu, directrice de l’établissement, a salué cette générosité :
« Ce soutien illumine nos cœurs et nous redonne de la force pour poursuivre notre mission. »

À la maison d’arrêt et de correction de Man, 1 260 repas ont été distribués aux détenus, ainsi que des dons pour améliorer leurs conditions de vie. Ce geste a profondément touché les bénéficiaires. Comme l’a souligné N S S, porte-parole des détenus :
« Cette visite a apporté de la chaleur humaine à ceux qui sont souvent oubliés. »
Un engagement qui dépasse les frontières de la charité
En tant qu’avocate, Coumba Sylla Sao ne se limite pas à l’aide matérielle. Elle a notamment contribué à la libération de 14 mineurs injustement incarcérés, prouvant que son combat s’étend à la réforme du système judiciaire. Elle a partagé avec émotion la source de son engagement :
« J’ai moi-même traversé des épreuves difficiles. Ces expériences nourrissent ma détermination à soutenir les plus faibles. »

Un message de solidarité et d’humanité
À travers la Fondation SAO AMSATOU et le MOFAPEC, Dame Coumba continue de mobiliser des femmes engagées pour accompagner les populations marginalisées. Son plaidoyer est un appel à la conscience collective pour ne pas oublier les enfants, les détenus et les familles en difficulté.
Comme l’a résumé le commandant Barro Abdoul Karim, chef de la maison d’arrêt de Man :
« Ces actions sont une leçon d’humanité. Elles rappellent que, même derrière les barreaux, il y a de l’espoir. »
Avec une décennie de solidarité à son actif, Maître Coumba Sylla Sao reste une figure inspirante, une voix pour les oubliés et un pilier pour les plus vulnérables.
Junior Kouassi
