Crise du cacao : 2 500 producteurs optent pour le dialogue et appellent à des assises nationales, leur message au Président Alassane Ouattara

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Réunis le 23 février 2026 à la salle des fêtes du Centre culturel de Daloa, plus de 2 500 délégués issus des 23 régions productrices de Côte d’Ivoire ont choisi la voie du dialogue pour faire face aux difficultés que traverse la filière café-cacao.

Rassemblés au sein de la plateforme SYNAP-CI / ANAPROCI, les producteurs ont lancé un appel solennel à l’organisation d’assises nationales inclusives et adressé un message direct au Président de la République, Alassane Ouattara.

L’atmosphère était à la fois solennelle et déterminée. Venus parfois de très loin, les délégués ont tenu à démontrer leur unité et leur attachement à une résolution pacifique de la crise.

Dans son allocution d’ouverture, le commissaire général de la cérémonie, Diallo Daouda Augustin, a rappelé que les producteurs avaient accueilli avec espoir l’annonce du prix bord champ de 2 800 FCFA le kilogramme pour la campagne 2025-2026.

Cependant, il a souligné que le ralentissement puis le blocage de la commercialisation dès novembre 2025 ont fragilisé des milliers de familles : retards de paiement, délivrance de reçus au lieu d’espèces, achats en dessous du prix officiel.

Selon lui, ces difficultés révèlent des failles structurelles qui méritent une réflexion approfondie.

Prenant la parole sous les applaudissements, Koné Moussa, président du SYNAP-CI, a salué la mobilisation exceptionnelle des producteurs, notamment un jour ouvrable.

 « Lorsque nous parlons, nous parlons au nom de milliers et de milliers de producteurs. Notre démarche n’est pas une confrontation, mais un appel à l’écoute et à la responsabilité. »

Il a insisté sur la volonté des producteurs d’inscrire leur action dans un cadre institutionnel respectueux, privilégiant la concertation avec les autorités compétentes.

Moment fort de la rencontre, l’intervention de Kanga Koffi a donné une dimension stratégique au conclave.

Pour le président du Conseil d’administration de l’ANAPROCI, la crise actuelle doit être transformée en opportunité de réforme.

 « Toute crise peut être une fatalité si l’on subit. Mais elle peut devenir une opportunité si l’on décide de repenser le système avec lucidité et courage. »

Il a évoqué l’endettement croissant des producteurs, le coût élevé des intrants agricoles et les incertitudes sur la stabilisation des prix.

 « Lorsque le système vacille, c’est le producteur qui encaisse le choc en premier. Pourtant, sans producteur, il n’y a pas de filière. »

Dans leur résolution principale, les délégués ont adressé un message clair au Chef de l’État.

Tout en reconnaissant les efforts consentis par le gouvernement, ils sollicitent son appui pour l’organisation d’assises nationales de la filière café-cacao, 

 réunissant l’État, les organisations de producteurs, les experts et l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur afin de diagnostiquer les dysfonctionnements et proposer des réformes structurantes.

Pour les producteurs, ces assises doivent permettre :

De réexaminer le mécanisme de commercialisation et de stabilisation ;

D’améliorer la gouvernance de la filière ;

De garantir un revenu plus juste et plus stable aux producteurs ;

D’assurer la durabilité du secteur pour les générations futures.

Les délégués ont également demandé une rencontre urgente avec le ministre de l’Agriculture et l’ouverture d’un cadre de dialogue avec le Conseil du Café-Cacao.

Pilier de l’économie nationale et source de revenus pour des millions de familles, la filière café-cacao occupe une place centrale dans le tissu socio-économique ivoirien.

À Daloa, les 2 500 producteurs ont ainsi choisi de parler d’une seule voix : fermes sur leurs revendications, mais résolument engagés dans la voie du dialogue.

Leur ambition est claire : bâtir une filière plus équitable, plus transparente et plus résiliente, capable de garantir la dignité des producteurs et de consolider la position de la Côte d’Ivoire sur le marché mondial du cacao.

Sercom


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