CEDEAO : vers une approche concertée de la surveillance des eaux usées

Réunis à Dakar du 21 au 23 janvier 2026, experts et institutions régionales explorent une approche encore peu connue mais déterminante : la surveillance des eaux usées. Un outil innovant qui pourrait transformer la détection précoce des épidémies et renforcer durablement la sécurité sanitaire en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Portée par le PNUE, l’UNU-INWEH et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la rencontre vise à promouvoir l’utilisation des eaux usées comme outil de détection précoce des menaces sanitaires. Une méthode qui s’inscrit pleinement dans la dynamique « Une seule santé », reliant santé humaine, animale et environnementale.
Concrètement, l’analyse des eaux usées permet d’identifier la circulation silencieuse de pathogènes au sein des populations, parfois avant même l’apparition des premiers cas cliniques. Déjà éprouvée contre la poliomyélite et largement mobilisée durant la COVID-19, cette approche ouvre de nouvelles perspectives pour anticiper et contenir les épidémies.

Pour Dr Diarrassouba Mamadou, directeur exécutif du CRSCM de la CEDEAO, cet atelier constitue une étape clé. Il y voit une opportunité majeure de renforcer la coordination régionale, d’harmoniser les pratiques et de mieux préparer les pays aux futures crises sanitaires. Le responsable a également souligné l’urgence de définir une feuille de route claire et d’investir dans le renforcement des capacités locales afin de rendre cette surveillance pleinement opérationnelle.

À terme, la surveillance des eaux usées pourrait devenir un pilier discret mais décisif de la sécurité sanitaire en Afrique de l’Ouest et du Centre, en permettant d’agir plus tôt, plus vite et plus efficacement.
Bénédicte Oulaï ( stagiaire )
