Festival Tonkpi Nihidaley 8 : un colloque pour repenser le lien entre cultures ivoiriennes

La 8ᵉ édition du Festival Tonkpi Nihidaley s’est ouverte, le 3 décembre à Man, par une séance de réflexion qui a posé les premiers jalons des quatre jours d’activités. Chercheurs, responsables publics et acteurs culturels ont pris part à cette rencontre qui avait pour objectif d’examiner comment les alliances entre peuples peuvent continuer d’alimenter la cohésion en Côte d’Ivoire.
Animés par le professeur Gonin Gilbert, les échanges ont réuni une douzaine d’intervenants issus de différents domaines. La présence d’un représentant de l’ASCAD a donné un relief particulier à cette session scientifique, qui cherche à comprendre comment ces liens historiques, souvent évoqués mais rarement étudiés en profondeur, s’expriment encore aujourd’hui.

Le commissaire général du festival, le professeur Bamba Lou Mathieu, a rappelé que l’héritage culturel ne se limite pas aux rites et symboles visibles. Selon lui, les alliances tissées entre communautés durant des générations constituent un cadre de régulation sociale qui mérite d’être repensé face aux réalités actuelles, marquées par la modernisation, l’urbanisation et la transformation des rapports sociaux.
Intervenant ensuite, le secrétaire général de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, Diamoutene Oumar Doh, a souligné la portée citoyenne de ces liens traditionnels. À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption, il a affirmé que certaines valeurs portées par ces alliances — loyauté, respect de la parole donnée, sens du bien commun — peuvent inspirer les politiques d’intégrité qui touchent aujourd’hui toutes les couches sociales.
Parrain de l’ouverture, le ministre-gouverneur Albert Flindé a salué la pertinence d’un thème qui croise anthropologie et actualité. Il a mis en avant l’intérêt croissant du festival, illustré cette année par l’arrivée de délégations du Gontougo et du Nigeria, venues partager leurs propres traditions de médiation communautaire.

Le président du Conseil d’administration, le professeur Albert Mabri Toikeusse, a pour sa part insisté sur le rôle particulier du colloque dans l’architecture du festival. Pour lui, cette étape sert à dégager des pistes de compréhension avant l’entrée dans les animations culturelles. Il a appelé à préserver ces repères sociaux qui, bien avant les dispositifs institutionnels modernes, ont souvent servi d’outils de prévention et d’apaisement.

En ouvrant ainsi les travaux par une réflexion académique, le Festival Tonkpi Nihidaley affirme sa volonté de faire du patrimoine culturel non seulement un motif de célébration, mais aussi un espace d’analyse et de transmission. Les activités se poursuivront jusqu’au 6 décembre à Man.
Junior Kouassi
Correspondant
