FILIÈRE CAFÉ-CACAO : le CONASA-CI crie à la fraude et interpelle le Président Ouattara

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Man, capitale du café robusta et cœur battant de la production agricole ivoirienne, a été le vendredi 12 juillet 2025, le théâtre d’une vive contestation. Le Conseil national des syndicats agricoles de Côte d’Ivoire (CONASA-CI), appuyé par plusieurs syndicats alliés (SYNAFAR-CI, SYNAPRALA-CI…), a dénoncé avec fermeté ce qu’il qualifie de « hold-up organisé » autour de la mise en place de l’interprofession de la filière café-cacao.

Dans une déclaration sans détour, Tia Marcel, président du CONASA-CI, a pris la parole devant un parterre de producteurs et de journalistes, pour dénoncer ce qu’il estime être une forfaiture orchestrée par le comité technique mis en place par le ministère de l’Agriculture.

« Une organisation sortie de nulle part, sans historique, s’est vue miraculeusement validée, pendant que les vraies organisations de producteurs sont écartées ! »

Selon lui, les conditions d’éligibilité pour intégrer le collège des producteurs n’ont jamais été clairement définies, ouvrant la voie à une fraude massive : une nouvelle structure aurait exploité les fichiers de recensement des producteurs pour se faire passer, sans leur consentement, comme représentative de la majorité.

« C’est comme confier la chefferie d’un village à un enfant parce qu’il parle bien, pendant que les anciens, porteurs d’expérience, sont disqualifiés ! », a lancé Tia Marcel, visiblement indigné.

Pour le CONASA-CI, cette tentative d’imposer une organisation unique met en péril l’équilibre de toute une filière qui fait vivre des millions d’Ivoiriens et constitue un pilier de l’économie nationale.

Les syndicats réunis à Man ne comptent pas se laisser faire. Ils appellent les producteurs de tout le pays à se mobiliser massivement pour barrer la route à ce qu’ils considèrent comme une manipulation inacceptable du processus.« Nous demandons solennellement au Président Alassane Ouattara d’écouter les vrais acteurs de la filière pendant qu’il est encore temps. »

Ils appellent également à la reprise des discussions avec l’ensemble des 86 organisations évaluéesen 2024, ainsi que les syndicats de la filière, pour construire une interprofession légitime, inclusive et représentative.

En Côte d’Ivoire, le café et le cacao ne sont pas qu’une richesse agricole : ils sont le poumon économique de milliers de localités. Toute tentative d’imposer une gouvernance biaisée pourrait engendrer des tensions sociales graves et nuire durablement à la stabilité du secteur.

La rencontre a débuté par une minute de silence en mémoire du doyen Dali Koffi Dibert, figure emblématique du monde agricole ivoirien, récemment disparu.

Le CONASA-CI annonce une série d’actions sur tout le territoire si leurs revendications ne sont pas entendues dans les jours à venir.


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