Cavally: Deux ans après l’annonce du président Ouattara, Taï attend toujours son bitûme 

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Le département de Taï, à l’extrême ouest de la Côte d’Ivoire, fait face à une situation critique liée à l’état de ses infrastructures routières. Enclavée, cette localité subit les conséquences d’un réseau routier dégradé, qui freine son développement économique et détériore la qualité de vie de ses habitants.

Depuis plusieurs mois, les fortes pluies ont considérablement détérioré les routes, rendant l’accès à Taï extrêmement difficile. L’axe Guiglo-Taï, long de 85 kilomètres, est devenu un véritable parcours du combattant. Ponts endommagés, camions embourbés, zones marécageuses infranchissables : les véhicules doivent parfois contourner par la brousse pour tenter d’atteindre leur destination. Dans les cas les plus graves, le trajet peut durer plusieurs jours, voire deux semaines, lorsque des poids lourds bloquent entièrement la voie.

Les points les plus critiques se situent entre les villages de Daobly et Sacré, à environ 80 km de Guiglo. Cette portion, devenue impraticable, maintient un véritable blocus. Camions de marchandises, citernes, ambulances, cars de transport et même corbillards sont bloqués, dans l’attente d’une solution.

En août 2023, lors d’une visite dans la région, le Président de la République, Alassane Ouattara, avait annoncé le démarrage imminent des travaux de bitumage de l’axe Guiglo-Taï-Tabou, une route stratégique menant au Libéria. Deux ans plus tard, les travaux n’ont toujours pas démarré, plongeant les populations dans le désarroi.

« Le Président Alassane Ouattara est un homme de parole. Mais nous ne comprenons pas pourquoi les travaux n’ont pas encore commencé », déplore Tahi Roland, habitant de Zagné. Comme lui, de nombreux habitants lancent un appel pressant aux autorités : au ministre des Infrastructures Amedé Kouakou, à la ministre d’État Anne Désirée Ouloto, et au ministre gouverneur du district autonome des Montagnes, Albert Flindé.

La situation routière affecte lourdement l’économie locale. Dans cette zone à fort potentiel agricole, les producteurs rencontrent de grandes difficultés pour écouler leurs récoltes, avec des coûts de transport exorbitants qui aggravent l’inflation. L’insécurité est également en hausse, la route dégradée facilitant les attaques de coupeurs de route.

Par ailleurs, les richesses touristiques, notamment le parc national de Taï, classé patrimoine mondial de l’UNESCO, restent largement inexploitées, faute d’accessibilité.

Face à cette situation, le maire de Taï, Hyppolite Bayalla, tente de pallier l’urgence avec les moyens limités de la municipalité. En collaboration avec la présidente du Conseil régional du Cavally, Anne Désirée Ouloto, il engage des travaux de fortune sur les zones les plus critiques. Mais cela reste insuffisant.

« Nous faisons notre possible, mais seule une intervention de l’État permettra de désenclaver durablement Taï », confie-t-il. Le jeune maire appelle à la patience, tout en renouvelant sa confiance dans les engagements du chef de l’État.

Malgré un taux d’électrification passé de 0 % à 100 % depuis 2011 grâce aux efforts du gouvernement, les populations de Taï attendent de bénéficier pleinement des fruits du développement. Elles espèrent que la promesse du bitumage, renouvelée à plusieurs reprises, se concrétisera enfin.

En attendant, une question reste sur toutes les lèvres : à quand le bout du tunnel pour Taï ?

Junior Kouassi 


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