Sinfra : les planteurs en difficulté, l’ANAPROCI monte au créneau

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Dans la région de la Marahoué, notamment à Sinfra, des milliers de planteurs cultivent la terre depuis des générations. Mais aujourd’hui, leur survie est en péril : leurs exploitations ont été récemment classées comme zone protégée, les exposant à une expulsion imminente.

Face à cette situation dramatique, ces agriculteurs lancent un appel désespéré à l’ANAPROCI (Association nationale des producteurs de cacao de Côte d’Ivoire), espérant trouver en elle un allié capable de défendre leur droit à la terre et leur unique source de subsistance.

Les producteurs de Sinfra vivent dans une incertitude pesante, sous la menace constante d’un départ forcé.

« Nous avons bâti nos vies ici, construit nos maisons, envoyé nos enfants à l’école grâce à ces terres. Aujourd’hui, on nous demande de partir. Mais pour aller où ? », s’inquiète un chef de village.

« Si nous perdons nos champs, c’est la fin. Nous ne demandons pas l’aumône, juste le droit de travailler et de nourrir nos familles », plaide une mère de famille.

Les souvenirs du drame de Bonon, où des milliers de familles ont été brutalement expulsées en septembre dernier, hantent encore les esprits. Ici, à Sinfra, le spectre d’un nouveau drame plane, attisant l’angoisse des habitants.

Alertée par la détresse des planteurs, l’ANAPROCI n’a pas tardé à réagir. Son président, M. Koffi Kanga, s’est rendu sur place pour constater l’ampleur du problème et réaffirmer son engagement.

« Ces hommes et ces femmes ont façonné cette région. Ils méritent d’être écoutés et protégés. Nous travaillerons sans relâche pour trouver une solution juste et durable. »L’ANAPROCI se positionne ainsi en médiateur entre les producteurs et l’État, plaidant pour une approche concertée qui tienne compte à la fois des impératifs environnementaux et du droit des agriculteurs à vivre dignement.

Plutôt qu’un déguerpissement brutal, l’ANAPROCI propose une alternative : l’agroforesterie, un modèle qui allie exploitation agricole et protection de la biodiversité. L’association appelle également à une réforme foncière pour éviter que d’autres producteurs ne subissent le même sort.

« Il est temps d’adopter une vision moderne et équilibrée de l’agriculture. La solution ne peut pas être l’expulsion pure et simple de ceux qui nourrissent la nation », souligne M. Koffi Kanga.

Malgré la tension, l’ANAPROCI exhorte les producteurs à rester unis et à éviter toute violence.

« La colère est légitime, mais elle ne doit pas conduire au chaos. Nous devons privilégier le dialogue et la mobilisation pacifique pour faire entendre notre voix », insiste son président.

En attendant l’issue des négociations, les producteurs de Sinfra gardent espoir. Grâce à l’intervention de l’ANAPROCI, ils ne sont plus seuls dans leur combat. Mais le temps presse, et l’avenir de milliers de familles repose désormais entre les mains des décideurs.

Beker


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